La thèse centrale
Toute modification durable d'un comportement — intentionnelle ou non, thérapeutique ou iatrogène — implique une modification de la relation fonctionnelle entre ce comportement et son contexte. Cette relation, c'est ce que l'analyse fonctionnelle cartographie, pas métaphoriquement, structurellement.
La contingence à trois termes (SD → R → Sr) est l'unité minimale de description de ce processus. Elle ne présuppose aucune théorie de la motivation, aucune structure intrapsychique, aucun concept mental non observable : un comportement se produit dans un contexte, produit des effets, et ces effets modifient la probabilité future de ce comportement dans des contextes similaires. C'est descriptif, réfutable, vérifiable — et c'est en cela qu'elle constitue une unité de base : tout ce que fait une psychothérapie, quelle qu'elle soit, modifie in fine la relation entre des comportements (y compris verbaux, privés) et leurs contextes fonctionnels. Si ce n'est pas le cas, le comportement ne change pas, ou il change mais pas à cause de la thérapie.
Skinner (1981, Science) distingue trois niveaux de sélection par les conséquences : phylogénique, ontogénique, culturel. Le conditionnement opérant est la sélection ontogénique — pas une analogie avec la sélection naturelle, la même logique appliquée à l'échelle d'une vie. Tout comportement maintenu chez un organisme vivant l'est parce qu'il a été, et continue d'être, renforcé dans un contexte donné. Même un comportement « dysfonctionnel » au sens clinique est fonctionnel au sens analytique : il persiste parce qu'il fonctionne. Iwata et al. (1994) l'ont montré expérimentalement dans le contexte de l'automutilation : sans identifier la fonction, toute intervention est un essai topographique à l'aveugle.
Une même logique derrière des approches très différentes
La restructuration cognitive (Beck, Ellis) modifie des règles verbales qui fonctionnent comme stimuli discriminatifs ou comme opérations de contexte sur le comportement émotionnel et instrumental. L'activation comportementale est explicitement un protocole de modification des contingences de renforcement. Même la psychoéducation opère en modifiant la relation entre stimuli internes et comportements d'évitement.
L'exposition — ERP, thérapie par exposition prolongée, EMDR dans une certaine mesure — combine extinction des réponses conditionnées respondantes et réduction de l'évitement opérant ; elle ne fonctionne pas si l'évitement opérant est maintenu (Foa & Kozak, 1986 ; Craske et al., 2014).
L'ACT est le cas le plus explicite : une technologie comportementale construite sur la théorie des cadres relationnels (TCR — Hayes, Barnes-Holmes & Roche, 2001). Les processus de l'hexaflex (défusion, acceptation, contact avec le moment présent, soi-comme-contexte, valeurs, engagement) opèrent tous sur les fonctions de stimulus des événements privés, pas sur leur contenu. La défusion ne cherche pas à supprimer la pensée, elle en altère la fonction de stimulus verbale sans toucher à sa relation formelle — c'est du conditionnement opérant verbal.
Même la psychanalyse : l'insight ne produit un changement observable que s'il modifie la relation fonctionnelle entre stimuli et réponses. L'interprétation d'un conflit inconscient qui n'altère aucune contingence comportementale ne change rien. Quand ça marche, c'est parce que la relation thérapeutique constitue elle-même un contexte de renforcement différentiel — validation, extinction de la honte, modèle de comportement alternatif. Le mécanisme est comportemental même si le vocabulaire ne l'est pas. Et l'empathie inconditionnelle positive des thérapies humanistes est un renforcement non contingent à contenu vocal et corporel, un contexte où les comportements d'auto-exploration sont renforcés et ceux d'auto-suppression ne le sont plus.
L'analyse fonctionnelle est l'unité épistémologique minimale de tout changement comportemental scientifiquement compréhensible, parce qu'aucun comportement ne change de manière durable sans modification de la relation fonctionnelle entre ce comportement et son contexte — et qu'identifier cette relation est ce que fait l'analyse fonctionnelle. Ce n'est pas « tout est conditionnement opérant » : c'est que toute psychothérapie qui fonctionne modifie des contingences, et que l'analyse fonctionnelle est le seul outil qui permette de cartographier ces contingences de manière systématique et réfutable.
Ce que cette thèse n'explique pas à elle seule
Trois limites méritent d'être posées honnêtement, plutôt que balayées.
La première : le conditionnement pavlovien (respondant) est un mécanisme distinct de l'opérant. Les réponses émotionnelles conditionnées (peur, dégoût) suivent une logique S → R, pas SD → R → Sr, et l'extinction des phobies simples implique massivement de l'extinction respondante. L'analyse fonctionnelle doit intégrer les deux niveaux — l'évitement opérant et la peur respondante sont souvent couplés (modèle bivarié de Mowrer, 1947) — sans les fusionner : c'est une analyse comportementale fonctionnelle, pas seulement une analyse du conditionnement opérant.
La deuxième : un antidépresseur modifie le comportement sans qu'aucune contingence ne soit explicitement altérée. Les interventions pharmacologiques opèrent sur les substrats biologiques de la réactivité aux renforçateurs et aux punisseurs — elles modifient la réponse de l'organisme aux contingences existantes, pas les contingences elles-mêmes. C'est une modification des opérations de motivation au niveau neurobiologique, pas une contre-preuve de la thèse : la contingence reste la condition qui permet de comprendre et de cibler le changement de façon systématique et réfutable, même si elle n'est pas la seule voie biologique de changement.
La troisième, plus fondamentale : choisir la contingence à trois termes comme unité de base est une décision, pas une découverte — on pourrait tout aussi bien choisir le neurone, le gène, la dyade d'attachement ou le schéma cognitif. Ce choix se justifie par des critères pragmatiques précis : la contingence est observable (ou inférable directement), manipulable de façon contrôlée et répliquable, prédictive (taux de réponse, résistance à l'extinction, généralisation), et transversale — elle fonctionne à tous les niveaux, de la cellule à la culture. « Unité de base » signifie ici le niveau d'analyse le plus utile cliniquement, pas le niveau ontologiquement fondamental — une nuance qui n'enlève rien à son utilité pratique.
Implication clinique directe
En cabinet, cette thèse a une conséquence concrète : avant d'intervenir, il faut répondre à quelle est la fonction de ce comportement dans ce contexte pour cette personne — pas quel est le diagnostic, quel est le traumatisme, quelle est la structure de personnalité. Ces questions peuvent être utiles, mais elles ne remplacent pas l'analyse fonctionnelle ; elles peuvent en être des entrées. Un diagnostic de TSPT indique que des réponses conditionnées de peur sont probablement présentes et que l'évitement l'est aussi — une hypothèse fonctionnelle à tester, pas une réponse.
C'est précisément ce que Carr & Durand (1985) ont établi dans le champ du handicap intellectuel : deux comportements-problème de même topographie peuvent avoir des fonctions radicalement différentes, et traiter la topographie sans la fonction produit au mieux l'effet placebo, au pire une substitution de symptôme. Ce résultat n'est pas propre au handicap. Il est général.
Le placebo et le nocebo : des mécanismes réels, pas des artefacts
L'erreur la plus répandue est de traiter l'effet placebo comme un bruit à contrôler statistiquement. C'est un phénomène comportemental et physiologique réel, produit par des mécanismes identifiables, et cohérent avec le cadre de l'analyse fonctionnelle — sans que ça épuise pour autant tout ce qui s'y joue : l'alliance thérapeutique elle-même (Horvath & Symonds, 1991) produit des effets qui ne se laissent pas entièrement réduire à un modèle pavlovien ou verbal, et rester honnête sur ce point fait partie de la rigueur qu'on doit à la thèse.
Deux mécanismes, souvent confondus, permettent d'en rendre compte. D'un côté, le conditionnement pavlovien des réponses physiologiques : Ader & Cohen (1975) ont montré, chez le rat, qu'une immunosuppression conditionnée persiste après extinction du stimulus inconditionnel — résultat répliqué chez l'humain en oncologie. Cliniquement, la blouse blanche, le cabinet, le rituel de prescription fonctionnent comme des stimuli conditionnés à des réponses pharmacologiques antérieures : l'organisme apprend à répondre au contexte du traitement, pas seulement à la molécule. De l'autre, le conditionnement verbal par l'attente (Benedetti et al., 2003, 2005) : l'expectance verbalement médiée active des voies neurobiologiques spécifiques — libération d'opioïdes endogènes, dopamine striatale. Ce n'est pas de la suggestion mystique, c'est du conditionnement verbal opérant sur des substrats neurobiologiques.
Le nocebo suit la même mécanique en sens inverse : les effets secondaires rapportés dans les groupes placebo des essais cliniques correspondent souvent à ceux listés dans la notice — un stimulus verbal — et l'organisme les produit. Faasse & Petrie (2013) montrent, sur la substitution de médicaments de marque vers génériques, que les patients rapportent davantage d'effets secondaires à cause de différences dans l'apparence et le contexte de prescription, pas de différences pharmacologiques. L'annonce du traitement, la manière de présenter les effets indésirables, le contexte relationnel de la prescription sont des variables actives — pas un contexte neutre.
Le rôle réel, et les limites réelles, de la pharmacologie
Les psychotropes ne corrigent pas un déficit biochimique identifié : un ISRS ne restaure pas un niveau de sérotonine « normal », parce qu'un tel niveau de référence n'existe pas cliniquement — l'hypothèse sérotoninergique de la dépression est empiriquement effondrée (Moncrieff et al., 2022, Molecular Psychiatry, revue parapluie sur 17 méta-analyses). Ce qu'ils font, plus probablement, c'est modifier les opérations de motivation : réduire la valeur aversive de certains stimuli, augmenter le seuil de déclenchement des réponses émotionnelles conditionnées. C'est utile, parfois nécessaire, mais fonctionnellement différent de modifier les contingences qui maintiennent le comportement cible.
Les méta-analyses sur les antidépresseurs dans la dépression unipolaire (Cipriani et al., 2018, The Lancet, 522 essais) montrent des tailles d'effet statistiquement significatives mais modestes. Lecture fonctionnelle : la pharmacologie modifie l'état de l'organisme mais pas les contingences d'environnement. Si les comportements dépressifs — retrait social, réduction d'activité — ont produit des changements d'environnement qui les renforcent (moins de demandes sociales, évitement d'aversifs professionnels), ces contingences persistent après la prise du médicament, et l'organisme dont l'état biologique s'est amélioré retourne dans le même environnement fonctionnel. La pharmacologie peut interrompre une partie de cette boucle (Martell, Dimidjian & Herman-Dunn, 2010) ; elle ne remplace pas la modification des contingences de renforcement social.
Cela ne rend pas la pharmacologie inutile — elle fonctionne mieux dans des populations sélectionnées (épisodes sévères, profils biologiques spécifiques), et un patient en épisode dépressif sévère, avec ralentissement psychomoteur et incapacité à s'alimenter, n'est pas immédiatement accessible à une analyse fonctionnelle. Dans ce cas, la pharmacologie — ou, dans des cas extrêmes, l'électroconvulsivothérapie — peut être une condition de possibilité pour que l'analyse fonctionnelle devienne opérable : pas un substitut, un préalable. Ce qui change alors, c'est l'objectif visé — rendre les contingences accessibles plutôt que traiter « la dépression » comme catégorie — et le critère d'arrêt : non pas l'absence de critères diagnostiques, mais la capacité retrouvée à s'engager dans le travail sur les contingences.
Le problème de la nosographie catégorielle
Le DSM et la CIM sont des systèmes descriptifs, athéorétiques, construits par consensus clinique — pas par découverte biologique. Le trouble dépressif majeur capture une topographie (des critères symptomatiques), pas une fonction : deux patients avec le même score au PHQ-9 peuvent présenter des comportements dépressifs maintenus par des mécanismes opposés — renforcement négatif par évitement d'aversifs professionnels chez l'un, extinction de renforcement positif après une rupture chez l'autre. Même catégorie, même prescription probable, mécanismes fonctionnels opposés, interventions nécessaires radicalement différentes.
Hyman (2007, World Psychiatry), ancien directeur du NIMH, le formule sans détour : le DSM ne fournit pas de cadre valide pour la recherche biologique, parce que ses catégories ne correspondent pas à des entités neurobiologiques cohérentes. L'initiative RDoC (Insel et al., 2010) a tenté de reconstruire la nosographie sur des dimensions biologiques transdiagnostiques, avec des résultats limités jusqu'ici — mais l'intention est juste. Le pipeline pharmacologique en psychiatrie est d'ailleurs en quasi-stagnation depuis les années 1980-1990, en grande partie parce qu'il cible des catégories qui ne correspondent pas à des mécanismes biologiques cohérents : développer un médicament contre « la dépression » définie par le DSM revient à développer un médicament contre « la fièvre » définie par ses seuls symptômes, sans distinguer infection, inflammation ou lymphome.
Cette critique a ses propres limites : les catégories diagnostiques, même imparfaites, permettent la communication entre praticiens, l'accès aux soins, la recherche épidémiologique. Elles restent utiles comme hypothèses de regroupement topographique, comme point de départ — un diagnostic de TOC oriente vers des hypothèses d'évitement expérientiel et de renforcement négatif de la compulsion — mais ne remplacent pas l'analyse fonctionnelle individuelle. Ce sont des cartes statistiquement informatives, pas des territoires cliniques.
Ce qui différencie l'humain : le langage comme amplificateur de la souffrance
Les lois fondamentales du conditionnement — renforcement, punition, extinction, généralisation — sont des lois biologiques conservées : elles fonctionnent chez l'animal comme chez le patient qui pousse la porte d'un cabinet. La recherche animale n'est pas une analogie, c'est la base expérimentale à partir de laquelle ces mécanismes ont été identifiés avant d'être vérifiés chez l'humain. L'exemple le plus parlant reste la résignation acquise (Seligman & Maier, 1967) : des chiens exposés à des chocs inévitables développent une passivité persistante même quand l'échappement redevient possible — un modèle animal de la dépression, répliqué chez l'humain. Cinquante ans plus tard, les mêmes auteurs ont révisé leur propre modèle (Maier & Seligman, 2016) : ce n'est pas l'impuissance qui s'apprend, c'est la contrôlabilité. La question clinique n'est donc pas « pourquoi ce patient est-il résigné ? » mais « qu'est-ce qui aurait dû être appris et ne l'a pas été ? ».
Ce qui distingue l'humain, c'est le comportement verbal. La théorie des cadres relationnels pose que l'humain peut répondre à des événements passés et futurs comme s'ils étaient présents : on peut souffrir maintenant d'un événement vieux de vingt ans, et d'un événement qui n'a pas encore eu lieu. Des constructions comme « je suis anxieux » ou « je suis quelqu'un qui échoue » acquièrent des fonctions de stimulus qui gouvernent le comportement indépendamment des contingences actuelles. Skinner (1969) distinguait déjà le comportement façonné par contact direct du comportement gouverné par des règles verbales — et ce second type, montrent Hayes et al. (1986), devient insensible aux modifications des contingences directes.
C'est le mécanisme précis de l'enfermement dépressif ou anxieux : une règle verbale apprise dans un contexte où elle était vraie (« exprimer sa tristesse est dangereux », dans une famille invalidante) se généralise à des contextes où elle ne s'applique plus. Les nouvelles contingences — un partenaire attentif, un thérapeute non jugeant — ne modifient pas le comportement, parce que c'est la règle qui gouverne, pas la contingence. L'évitement qui en résulte élimine l'accès aux renforçateurs sociaux que l'expression émotionnelle aurait produits, et l'extinction prolongée de ces renforçateurs referme le cercle. C'est la spirale dépressive de Martell et al. (2010), lue non plus seulement comme un déficit d'activation, mais comme un contrôle verbal sur le contact avec les contingences.
La société elle-même fonctionne comme une communauté verbale (Skinner, 1957) qui transmet ces règles à grande échelle — et la densité de leur circulation dans les environnements numériques expose l'organisme à des comparaisons sociales à une fréquence sans précédent phylogénique. Mais ce mécanisme n'est pas qu'un piège : c'est le même qui permet la planification à long terme, la coopération, et ce qu'ACT appelle les valeurs — des constructions verbales qui créent des contingences à long terme là où les contingences immédiates sont aversives. Le problème n'est jamais le langage en soi, c'est sa rigidité quand il perd le contact avec les contingences actuelles. La thérapie comportementale, dans cette lecture, est une restauration de ce contact : remettre l'organisme en prise avec des renforçateurs positifs que l'évitement avait masqués, pas seulement modifier des pensées.
Ce que ça change pour la pratique
L'analyse fonctionnelle n'est ni une alternative à la biologie ni un dogme comportementaliste : c'est le seul cadre qui permette d'articuler biologie, comportement et contexte dans un modèle réfutable et cliniquement opérationnel. Les psychotropes agissent sur les paramètres de réactivité de l'organisme ; le placebo agit sur la valeur fonctionnelle du contexte thérapeutique lui-même ; la nosographie catégorielle donne une carte topographique utile, mais qui ne dit rien de la fonction. Un thérapeute qui ignore l'un de ces trois niveaux comme variable active laisse une partie du mécanisme de changement hors de son contrôle.
Références clés citées
- Ader, R. & Cohen, N. (1975). Behaviorally conditioned immunosuppression. Psychosomatic Medicine, 37(4), 333–340.
- Benedetti, F. et al. (2003, 2005). Neurobiological mechanisms of the placebo effect. Journal of Neuroscience / Neuroscience & Biobehavioral Reviews.
- Carr, E.G. & Durand, V.M. (1985). Reducing behavior problems through functional communication training. Journal of Applied Behavior Analysis, 18(2), 111–126.
- Cipriani, A. et al. (2018). Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs. The Lancet, 391(10128), 1357–1366.
- Craske, M.G. et al. (2014). Optimizing inhibitory learning during exposure therapy. Behaviour Research and Therapy, 58, 10–23.
- Faasse, K. & Petrie, K.J. (2013). The nocebo effect: patient expectations and medication side effects. Postgraduate Medical Journal, 89(1055), 540–546.
- Foa, E.B. & Kozak, M.J. (1986). Emotional processing of fear. Psychological Bulletin, 99(1), 20–35.
- Hayes, S.C., Barnes-Holmes, D., & Roche, B. (2001). Relational Frame Theory: A Post-Skinnerian Account of Human Language and Cognition. Kluwer Academic/Plenum.
- Hayes, S.C. et al. (1986). Influence of verbal relations on behavior: A brief review. The Analysis of Verbal Behavior, 4, 1–5.
- Horvath, A.O. & Symonds, B.D. (1991). Relation between working alliance and outcome in psychotherapy. Journal of Counseling Psychology, 38(2), 139–149.
- Hyman, S.E. (2007). Can neuroscience be integrated into the DSM-V? Nature Reviews Neuroscience, 8, 725–732.
- Insel, T. et al. (2010). Research domain criteria (RDoC). Archives of General Psychiatry, 67(7), 748–751.
- Iwata, B.A. et al. (1994). The functions of self-injurious behavior. Journal of Applied Behavior Analysis, 27(2), 215–240.
- Maier, S.F. & Seligman, M.E.P. (2016). Learned helplessness at fifty. Psychological Review, 123(4), 349–367.
- Martell, C.R., Dimidjian, S., & Herman-Dunn, R. (2010). Behavioral Activation for Depression. Guilford Press.
- Moncrieff, J. et al. (2022). The serotonin theory of depression: a systematic umbrella review. Molecular Psychiatry, 28, 3243–3256.
- Mowrer, O.H. (1947). On the dual nature of learning. Harvard Educational Review, 17, 102–148.
- Seligman, M.E.P. & Maier, S.F. (1967). Failure to escape traumatic shock. Journal of Experimental Psychology, 74(1), 1–9.
- Skinner, B.F. (1957). Verbal Behavior. Appleton-Century-Crofts.
- Skinner, B.F. (1969). Contingencies of Reinforcement. Appleton-Century-Crofts.
- Skinner, B.F. (1981). Selection by consequences. Science, 213(4507), 501–504.