La flexibilité psychologique est l'un des concepts centraux de la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT), et c'est probablement l'un des plus mal compris. On l'assimile parfois, à tort, à une forme d'optimisme ou à la capacité à « positiver ». Ce n'est pas du tout cela.
La flexibilité psychologique désigne la capacité à rester en contact avec le moment présent, y compris avec les pensées et émotions désagréables qu'il contient, tout en continuant à agir en cohérence avec ce qui compte vraiment pour soi. C'est une capacité d'adaptation, pas une capacité à se sentir bien.
Un exemple concret : une personne anxieuse à l'idée de prendre la parole en public peut soit éviter systématiquement ces situations (rigidité), soit accepter la présence de l'anxiété, sans chercher à la faire disparaître avant d'agir, et choisir de prendre la parole parce que cela compte pour elle (flexibilité).
Travailler la flexibilité psychologique en thérapie ne consiste donc pas à apprendre à ne plus ressentir d'anxiété, de tristesse ou de colère. Il s'agit d'apprendre à ne plus laisser ces émotions dicter systématiquement le comportement, pour pouvoir avancer vers ce qui a du sens, même quand c'est inconfortable.
C'est un travail progressif, qui s'appuie sur des exercices concrets : clarification des valeurs personnelles, exposition graduée, défusion cognitive (prendre de la distance avec ses pensées plutôt que de les combattre), et ancrage dans le moment présent.